
Ancien service municipal des pompes funèbres de Paris (SMPF) édifié en 1873 à la place d’un vieil abattoir, le 104 rue d’Aubervilliers s’apprête à enterrer son funeste passé et à se présenter comme un lieu nouveau, symbole du rayonnement culturel de la ville et de son ouverture à l’art international.
Après la fermeture définitive du SMPF en 1998, il a fallu attendre 2001 pour que démarre la réhabilitation de l’ensemble architectural, sur l’initiative de Bertrand Delanoë, dans la droite lignée de son programme de renouvellement urbain.
En 2003, suite à un appel d’offre largement entendu, la maîtrise d’oeuvre du chantier se voit confiée aux architectes français Marc Iseppi et Jacques Pajot de l’atelier Novembre. Leur proposition laissait entrevoir un projet ambitieux, ouvert et souple dans l’utilisation des locaux des anciennes pompes funèbres. Après la nomination de Robert Cantarella et Frédéric Fisbach à la direction du futur centre culturel, le chantier démarre véritablement en 2006.

Long de 225 m, s’étalant sur près de 25 000 m², ce bâtiment, inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques, comprend 16 ateliers dédiés à la création sous toutes ses formes, deux salles pouvant asseoir de 200 à 400 visiteurs, des lieux d’achats et de restauration et des espaces ouverts.
C’est avant tout un lieu de conception et de production perméable à toute forme de création, ce qui n’est pas sans rappeler les initiatives historiques de rassemblement de disciplines diverses au sein d’un même édifice.
Il ne s’agit cependant pas d’un coffre-fort créatif réservé aux artistes : ouvert au public, le bâtiment vit par l’interaction entre l’inspiration des visiteurs et le souffle artistique des disciplines qui y bouillonnent. L’art y est accessible et dynamique.
Pouvant accueillir jusqu’à 200 artistes du monde entier, le site accueillera une trentaine de projets soutenus matériellement par l’équipement en place. Ces projets seront notamment présentés lors des 3 festivals annuels qui prendront place au 104.

Dans la conception de l’atelier Novembre Architecture, le projet du 104 se base sur une philosohpie qui place l’art et la culture au sein d’un territoire exploré par le public, utilisé par les artistes et habité par les dynamiques de la création.
Porte-parole de l’épanouissement culturel de Paris, le 104 ouvrira ses portes au public en octobre 2008. Le montant total du réaménagement s’élève à près de 110 millions d’Euros, financés par la mairie.

L’identité visuelle et la signalétique ont été tracées par le studio néerlandais Experimental Jetset. Le choix de la Futura (1924-28, Paul Renner) comme typographie initiale traduit l’élan audacieux du lieu, inspiré de la période moderne. Le manuel du langage graphique du 104 explique la modification du "A", du "1" et du "4" en ces termes : "La ligne signifie Suivez la ligne, le cercle signifie Vous êtes ici, et le triangle est une flèche, vous dirigeant vers une direction précise : Allez là-bas".
Vous trouverez ce manuel de l’identité visuelle du 104 dans la rubrique Presse du site web du 104, ou en lien direct ici : "An introduction to the graphic language of 104".
Quelques photos de l’exposition au cours de laquelle fut présentée l’identité graphique du futur centre culturel : Experimental Jetset @ 104.



#1. PAR Clément Faydi LE 26/05/08 - 13:59
Nouvelle version du manuel graphique : http://www.experimentaljetset.nl/104_Manual_Second_Edition.pdf